Au Salon des artistes français de 1903, le sculpteur Jean Hugues, natif de Marseille, expose un groupe en plâtre intitulé Les Danaïdes, ensemble décoratif formant fontaine.

La présentation du plâtre constitue le premier pas en vue d’une commande ferme réalisée en marbre de Carrare. L'année suivante, le plâtre est acheté à parts égales par l'Etat et la municipalité. Le Conseil municipal prévoit alors d’élever la fontaine des Danaïdes sur la place du Chapitre, jusqu’alors simplement animée d’un jet d’eau au centre d’un bassin fleuri.

Tout est enfin prêt pour une inauguration officielle en fin 1907, mais l'Etat et les élus municipaux n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une date. En septembre 1913, le maire Chanot écrit une nouvelle fois au malheureux artiste : «Le séjour de M. Poincaré à Marseille sera de trop courte durée pour qu’on puisse espéré qu’il y soit ajouté l’inauguration de la fontaine des Danaïdes.» Cette fontaine est le seul monument public érigé par la ville de cette époque-là à n’avoir jamais connu d'inauguration.

La fontaine aborde un thème célèbre de la mythologie grecque. Les cinquante filles de Danaos accompagnent leur père à Argos quand il fuit ses neveux, les cinquante fils de son frère Égyptos. Après avoir proposé une réconciliation, elles épousent leurs cousins et les mettent à mort le soir même des noces sous l'ordre de leur père. Les Danaïdes sont condamnées aux Enfers à remplir éternellement un tonneau sans fond. Ici, seules six Danaïdes symbolisent le châtiment des dieux de l’Olympe. Avec une économie de moyens, le sculpteur a su restituer les différents tourments de l’âme et du corps.

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