En 1860 la manufacture de tabac marseillaise est le premier employeur de la ville et la deuxième manufacture de France. Elle confectionne, entièrement à la main, près de cent millions de cigares par an.

En raison de l’insalubrité de ses locaux, la manufacture quitte en 1868 la rive sud du Vieux-Port pour s’installer à la Belle de Mai. La construction, réalisée de 1862 à 1868 par l’architecte Michel, s’inscrit dans une période de développement industriel et dans le cadre de la mécanisation de la chaîne opératoire.

L’usine connaît ensuite plusieurs phases d’agrandissement liées à l’augmentation de la consommation de cigarettes et à l’évolution des modes de production comme l'électrisation progressive des machines. Dans les années 1930 la raffinerie de sucre est détruite, ses terrains sont rachetés par la Seita qui y installe ses magasins de transit.
 
La direction emploie une main d’œuvre composée à 90% de femmes. Les ouvrières y sont généralement très jeunes. Elles y viennent jusqu’à leur mariage, et «y gagnent leur trousseau en roulant pendant neuf heures en hiver et dix heures en été cigares et cigarettes».
Les cigarières savent se mobiliser pour mener les grèves, et sont les premières, de toutes les manufactures de l’Etat, à former un syndicat.
 
Après avoir produit cigares et scaferlatis, la manufacture des tabacs de la Belle de Mai, se spécialise dans les années 50 dans la production de cigarettes Gauloises et Gitanes. Mais la mode passe au tabac blond, les effectifs sont réduits avant de fermer définitivement.

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